Vous serez saints
La parasha s'ouvre sur Dieu demandant à Moché (Moïse) de rassembler toute l'assemblée d'Israël et de lui donner une seule et vaste consigne : vous serez saints, car Moi, Dieu, Je suis saint. De façon frappante, cet appel ne s'adresse pas aux seuls prêtres mais à chaque membre de la nation. Les premiers commandements font écho au cœur du Sinaï, quand il est dit à Israël de révérer mère et père, d'observer le Chabbat et de se détourner des idoles. Dès le tout début, la sainteté est liée à l'honneur de la famille, à la garde du temps sacré et à la fidélité à Dieu seul.
Les coins du champ
La parasha en vient à la façon dont nous traitons les vulnérables et notre prochain. Les cultivateurs ont l'ordre de laisser les coins de leurs champs et les glanures tombées de la moisson pour le pauvre et l'étranger, tissant la charité dans l'acte même de gagner sa vie. Il est interdit à Israël de voler, de tromper ou de jurer faussement, de retenir le salaire d'un ouvrier jusqu'au matin, ou d'exploiter les faibles en maudissant le sourd ou en plaçant un obstacle devant l'aveugle. Ces lois révèlent un Dieu qui observe de près comment les puissants traitent ceux qui ne peuvent se défendre.
Aime ton prochain
Au centre de la parasha se tient son enseignement le plus célèbre. Il est dit à Israël de juger avec équité, de refuser le commérage et la calomnie, et de ne jamais rester passif quand la vie d'un prochain est en danger. Plutôt que de haïr un frère dans son cœur, on doit parler avec honnêteté et franchise, et plutôt que de se venger ou de garder rancune, on doit laisser aller le ressentiment. Tout cela s'élève à un sommet unique dans les mots aime ton prochain comme toi-même, un principe qui rassemble les lois environnantes en un seul idéal directeur.
Des statuts de distinction
Un autre ensemble de statuts façonne Israël en un peuple distinct et discipliné. Certains gardent l'ordre naturel, interdisant le mélange de certaines semences et de certains animaux et réservant le fruit des jeunes arbres. D'autres tracent une ligne ferme contre les coutumes des nations environnantes, prohibant la divination, les incisions du corps pour les morts et les tatouages. Le chapitre ordonne aussi de se lever devant les personnes âgées, de garder des poids et des mesures honnêtes, et d'aimer l'étranger comme soi-même, car Israël aussi fut étranger au pays d'Égypte. La sainteté, une fois de plus, vit dans les plus petits détails de la conduite quotidienne.
Le poids de la sainteté
Le dernier chapitre attache de graves conséquences aux plus profondes trahisons de la sainteté. Dieu condamne ceux qui donnent leurs enfants à l'idole Molekh et ceux qui se tournent vers les nécromants et les esprits, et Il réaffirme la sainteté de la famille en interdisant les relations corrompues décrites plus haut. À travers les avertissements court un appel à la séparation, car Israël doit distinguer entre le pur et l'impur et vivre autrement que les nations qu'il va déposséder. La parasha s'achève là où elle a commencé, avec le rappel qu'Israël est saint parce que Dieu est saint et a mis ce peuple à part pour qu'il soit le Sien.
