Poursuivre la justice
Moché (Moïse) ordonne au peuple d'établir des juges et des officiers à toutes leurs portes et de juger avec une vraie droiture, sans accepter de présent corrupteur ni montrer de faveur. Il donne la charge éclatante qui devient une devise de la vie juive : la justice, la justice tu poursuivras. À côté de tribunaux honnêtes, il interdit les pratiques idolâtres qui corrompent le culte, comme planter des arbres sacrés ou dresser des stèles auprès de l'autel de Dieu. Pour les cas les plus difficiles, il institue une haute cour au lieu que Dieu choisira, dont la nation entière doit suivre les décisions afin que la loi demeure unie et claire.
Rois et prêtres
Moché anticipe le jour où le peuple voudra un roi comme les nations qui l'entourent, et il le permet tout en fixant des limites fermes au pouvoir royal. Le roi doit être choisi par Dieu parmi son propre peuple, et il ne doit pas amasser chevaux, femmes, ni argent et or, ni laisser son cœur s'enorgueillir au-dessus de ses frères. Par-dessus tout, il doit écrire pour lui-même un rouleau de la Torah et y lire toute sa vie, afin que même le souverain demeure serviteur de la loi de Dieu. Moché décrit ensuite les prêtres et les Lévites, qui ne reçoivent pas de territoire propre mais vivent des dons du peuple, car Dieu est leur héritage.
Des prophètes, non des sorciers
Moché interdit au peuple d'imiter les manières des nations de rechercher un savoir caché : ni sacrifice d'enfant, ni divination, sorcellerie ou consultation des morts, toutes choses qui sont des abominations pour Dieu. À leur place, Dieu promet de susciter du milieu du peuple un prophète semblable à Moché, qui dira la parole véritable de Dieu, et le peuple devra l'écouter. Moché explique comment distinguer un prophète authentique d'un faux : si la parole d'un prophète ne s'accomplit pas, il n'a pas parlé de la part de Dieu, et il n'y a pas à le craindre. Israël doit chercher sa direction non dans la magie, mais auprès des messagers mêmes de Dieu.
Les villes de refuge
Moché ordonne au peuple de mettre à part des villes de refuge, faciles à atteindre, où une personne qui tue par accident peut fuir et être en sûreté face au parent vengeur jusqu'à ce que l'affaire soit jugée. Il prend soin de distinguer l'homicide involontaire, qui mérite protection, du meurtrier délibéré, qui ne peut réclamer aucun refuge. Il interdit de déplacer la borne d'un voisin pour lui voler sa terre, et il pose la loi des témoins : une affaire ne tient que sur le témoignage de deux ou trois, et un faux témoin comploteur subit la peine même qu'il cherchait à infliger à autrui. Ces lois entourent la vie comme les biens de sauvegardes attentives.
Partir en guerre
Se tournant vers la guerre, Moché dit au peuple de ne pas craindre un ennemi plus grand que lui, car Dieu qui le fait sortir d'Égypte marche avec lui. Un prêtre oint pour la bataille s'adresse aux troupes, et les officiers renvoient chez lui tout homme qui a bâti une maison neuve, planté une vigne ou fiancé une femme sans avoir encore commencé à en jouir, ainsi que quiconque dont la peur pourrait gagner les autres. En approchant d'une ville lointaine, Israël doit d'abord proposer des conditions de paix avant d'assiéger, et même en guerre ils ne peuvent abattre les arbres fruitiers autour d'une ville, car les arbres ne sont pas l'ennemi. La guerre est ici bornée par la miséricorde et la retenue.
Le meurtre non élucidé
La paracha se referme sur un rituel poignant pour un corps trouvé tué en pleine campagne, sans que nul ne sache qui en est responsable. Les anciens de la ville la plus proche du corps amènent une génisse dans une vallée non labourée, lui brisent la nuque et se lavent les mains au-dessus d'elle, déclarant qu'ils n'ont pas versé ce sang et n'ont pas assisté sans agir à ce qui s'est passé. Ils prient pour l'expiation, afin que la faute du sang innocent ne repose pas sur la communauté. Même une mort sans meurtrier connu, enseigne Moché, ne peut passer inaperçue, car chaque vie humaine réclame que des comptes soient rendus.
