Ciel et terre, écoutez
Moché commence son chant en appelant les cieux à prêter l'oreille et la terre à écouter, demandant que ses paroles tombent comme la pluie et la rosée sur le peuple. Il proclame la grandeur de Dieu, qu'il nomme le Rocher, dont l'œuvre est parfaite et dont toutes les voies sont justes. Dieu est fidèle et vrai, sans injustice, juste et droit. À cette constance Moché oppose les défaillances d'une génération dévoyée, présentant tout le chant comme un contraste entre la constance de Dieu et l'oubli des hommes.
Souviens-toi des jours d'autrefois
Le chant presse Israël de se souvenir des jours d'autrefois et d'interroger les anciens, qui diront comment Dieu a fixé les nations à leur place et a tenu Israël particulièrement cher. Dans une image tendre, Moché décrit comment Dieu a trouvé Son peuple dans un désert hurlant et l'a entouré de soin, le gardant comme la prunelle de Son propre œil. Comme un aigle qui réveille son nid et plane au-dessus de ses petits, déployant ses ailes pour les recueillir, Dieu a porté Israël dans les hauteurs et l'a conduit seul, sans aucune puissance étrangère à Ses côtés. Il l'a amené vers une terre riche et l'a nourri de ses dons les plus fins. Le passage est un portrait d'un amour pur et attentif.
Yechouroun s'est engraissé
Puis le chant se tourne vers l'ingratitude. Yechouroun (un nom poétique d'Israël) devient gras et bien nourri, et dans son confort rue contre le Dieu même qui l'a fait, délaissant le Rocher de son salut. Le peuple court après des dieux étrangers et des idoles vaines qui ne sont pas des dieux du tout, provoquant chez Dieu colère et chagrin. En réponse, Dieu parle de cacher Sa face pour voir quelle sera leur fin, laissant se dérouler les conséquences de Son abandon. L'avertissement est vif, mais il jaillit d'un amour blessé plutôt que d'un froid rejet.
C'est Moi
Dieu déclare que la vengeance et la justice sont à Lui seul, et qu'Il agira quand la force de Son peuple aura disparu et qu'il se tiendra tout à fait sans défense. Pourtant le même Dieu qui juge se ravise aussi : Il aura compassion de Ses serviteurs et leur rendra justice, refusant de laisser leurs ennemis s'attribuer la victoire. Au sommet du chant, Dieu proclame que Lui seul est Dieu, sans nul autre à Ses côtés, Celui qui donne la mort et la vie, qui blesse et guérit, et de la main de qui nul ne peut délivrer. À la fin, Il promet de venger et d'expier, purifiant Sa terre et Son peuple. Les nations elles-mêmes sont appelées à se réjouir avec Israël.
Ceci est votre vie
Le chant achevé, Moché vient et en récite toutes les paroles aux oreilles du peuple, avec Yehochoua (Josué). Il les presse de fixer leur cœur sur tout ce qu'il a attesté ce jour-là et de le prescrire à leurs enfants. Ce ne sont pas des paroles vaines, leur dit-il, mais leur vie même, et par elles ils prolongeront leurs jours sur la terre qu'ils s'apprêtent à hériter. Le chant est destiné à vivre non sur un seul rouleau, mais dans le cœur de chaque génération.
Gravis la montagne
Ce jour-là même, Dieu parle à Moché et lui dit de gravir le mont Nevo, dans le pays de Moav (Moab) face à Jéricho, et de contempler le pays de Canaan qu'Israël est sur le point de recevoir. Là, Moché doit mourir et être réuni à son peuple, comme son frère Aharon (Aaron) mourut avant lui sur le mont Hor. Dieu rappelle que c'est parce que, aux eaux de Mériba dans le désert, tous deux ne L'ont pas pleinement sanctifié devant le peuple. Moché verra le pays étendu devant lui, mais il n'y entrera pas. La paracha s'achève en suspens sur cette montagne, entre une vie de conduite et une mort en vue de la promesse.
