Retracer le voyage
La section s'ouvre avec Moché (Moïse) consignant, sur l'ordre de Dieu, l'itinéraire complet des voyages d'Israël depuis la sortie d'Égypte jusqu'aux plaines de Moav (Moab). Quarante-deux campements sont nommés dans l'ordre, chacun marquant un lieu où le peuple s'est arrêté, a campé ou a enduré l'épreuve au fil des longues années de désert. Ce registre écrit demeure un mémorial de tout le voyage au désert et de la conduite de Dieu à chaque étape du chemin. En repassant toute la route, le lecteur voit une nation portée pas à pas de l'esclavage vers le bord de la Terre promise.
Purifier le pays
Dieu ordonne ensuite au peuple qu'une fois le Jourdain traversé vers Canaan, ils chassent ses habitants et détruisent leurs idoles, leurs autels et leurs hauts lieux. Le pays doit être réparti entre les tribus par le sort, les grandes tribus recevant davantage et les petites moins. Dieu avertit que tout habitant laissé en place deviendra des épines dans les flancs d'Israël et des pièges pour sa foi, entraînant la nation vers la corruption. Le commandement établit clairement que s'établir dans le pays n'est pas seulement une conquête physique mais une responsabilité spirituelle.
Les frontières du pays
Dieu expose les frontières du pays de Canaan, traçant ses limites au sud, à l'ouest, au nord et à l'est afin qu'Israël connaisse exactement l'héritage qu'il reçoit. Il désigne Elazar (Éléazar) le prêtre et Yehochoua (Josué) fils de Noun, avec un chef désigné de chaque tribu, pour veiller au partage équitable du territoire. Ce tracé minutieux transforme un espoir longtemps promis en une patrie concrète avec de vraies frontières et des gardiens nommés. La génération campée au Jourdain peut enfin se représenter le pays qui l'attend.
Les villes de refuge
Parce que la tribu de Lévi ne reçoit aucun territoire propre, les Israélites ont l'ordre d'accorder aux Lévites quarante-huit villes dispersées parmi toutes les tribus. Six d'entre elles sont mises à part comme villes de refuge, où celui qui en tue un autre par accident peut fuir à l'abri du parent vengeur de la victime. La Torah distingue nettement le meurtre intentionnel, qui entraîne la peine de mort, de l'homicide accidentel, dont l'auteur reste protégé dans la ville de refuge jusqu'à la mort du grand prêtre. Ces lois honorent la sainteté de toute vie humaine tout en freinant l'élan vers la vengeance privée.
Garder l'héritage
Le livre des Nombres se termine en revenant aux cinq filles de Tselofhad (Celofhad), dont le droit d'hériter de la terre de leur père avait déjà été accordé. Les chefs de leur tribu s'inquiètent à présent que, si les sœurs épousent un homme d'une autre tribu, leur part soit perdue pour leur tribu ancestrale à jamais. Dieu confirme l'héritage des filles mais décide qu'elles se marient au sein de leur propre tribu, afin qu'aucune terre d'une tribu ne passe définitivement à une autre. Les sœurs épousent leurs cousins, les héritages tribaux sont préservés, et le Sefer Bamidbar se clôt avec Israël posté au bord du Jourdain, prêt à entrer dans la Terre.
