Nombres

מַּטּוֹת־מַסְעֵי

Parchat Mattot-Massé

Nombres 30:2-36:13

Des vœux et une guerre, puis la longue route du désert relevée depuis l'Égypte à la fin de l'ère.

Parchat Mattot-Massé

Aperçu

Matot et Masei se lisent d'ordinaire ensemble comme les dernières sections du Sefer Bamidbar (le livre des Nombres). Matot passe des lois des vœux à la guerre contre Madian et à l'installation des tribus à l'est du Jourdain, tandis que Masei retrace les quarante-deux campements du voyage au désert et se tourne vers les frontières, les villes et les lois d'héritage de la Terre où Israël s'apprête à entrer. Ensemble, elles mènent l'ère du désert à sa fin et préparent le passage vers la Terre promise.

Le poids d'un vœu

La double section s'ouvre avec Moché (Moïse) enseignant aux chefs des tribus les lois des vœux. Celui qui fait un vœu ou un serment ne doit pas manquer à sa parole mais doit accomplir tout ce qu'il a prononcé. La Torah expose les cas limités où un vœu peut être annulé, principalement le pouvoir d'un père sur les vœux de sa jeune fille et celui d'un mari sur ceux de son épouse, s'il agit le jour où il les entend. D'emblée, la section souligne combien la Torah traite avec sérieux la parole humaine et les promesses par lesquelles nous nous engageons.

La guerre contre Madian

Dieu dit à Moché qu'avant de mourir il doit accomplir la vengeance d'Israël contre Madian pour la séduction de Peor. Mille hommes de chaque tribu, douze mille en tout, marchent à la guerre aux côtés de Pinhas (Phinées) et des objets sacrés, et parmi les tués se trouve Bilam (Balaam), dont le conseil avait entraîné Israël dans la faute. Les soldats reviennent avec des captifs et du butin, et Moché ordonne que tant les guerriers que leurs prises de métal soient purifiés par le feu et par l'eau. L'immense butin est partagé entre les combattants et la communauté, un tribut étant réservé à Dieu et aux Lévites, et les officiers, n'ayant perdu aucun homme, apportent l'or qu'ils ont pris en offrande de reconnaissance.

Les tribus qui s'établissent tôt

Les tribus de Reouven (Ruben) et de Gad, riches en bétail, demandent à Moché de recevoir leur héritage dans les fertiles pâturages à l'est du Jourdain plutôt que de passer dans la Terre elle-même. Moché les réprimande vivement, craignant qu'elles ne veuillent éviter la guerre et décourager leurs frères comme le firent jadis les explorateurs. Elles le rassurent, s'engageant à envoyer leurs hommes armés au-delà du fleuve à la tête de la conquête et à ne pas revenir avant que chaque tribu soit établie. Moché accorde la requête à cette condition, et les terres de Guilad et de Bachan sont attribuées à Reouven, à Gad et à la demi-tribu de Menaché (Manassé).

Quarante-deux voyages

Masei commence par un regard en arrière, tandis que Moché consigne les quarante-deux étapes des voyages d'Israël, du jour où ils quittèrent l'Égypte jusqu'à leur campement dans les plaines de Moav (Moab). Chaque lieu de repos et d'épreuve est nommé tour à tour, mémorial écrit de la longue route du désert et de la conduite de Dieu à travers tout cela. Dieu ordonne alors au peuple, une fois entrés en Canaan, de chasser ses habitants et de détruire leurs idoles et leurs autels. Il avertit que ceux qui resteraient deviendront des épines au flanc d'Israël, un piège entraînant la nation vers la corruption même du pays.

Les frontières du pays

Dieu expose les frontières du pays de Canaan qu'Israël s'apprête à hériter, traçant ses limites de tous côtés. Il désigne Elazar (Éléazar) le prêtre et Yehochoua (Josué) fils de Noun, avec un chef de chaque tribu, pour veiller au partage équitable du territoire entre le peuple. Ce tracé minutieux transforme la Terre longtemps promise, d'un espoir lointain en un héritage concret avec de vraies frontières et des gardiens nommés. La génération postée au Jourdain peut désormais se représenter le foyer qui l'attend.

Les villes de refuge

Puisque la tribu de Lévi ne reçoit aucune part territoriale, les Israélites ont l'ordre de leur donner quarante-huit villes à habiter, dispersées parmi toutes les tribus. Six d'entre elles sont désignées comme villes de refuge, lieux où celui qui en tue un autre par accident peut fuir pour se protéger du parent vengeur de la victime. La Torah distingue soigneusement le meurtre délibéré, qui entraîne la peine de mort, de l'homicide involontaire, dont l'auteur trouve asile jusqu'à la mort du grand prêtre. Ces lois défendent le caractère sacré de la vie humaine tout en se gardant d'une vengeance sans frein.

Garder l'héritage

Le livre des Nombres se clôt en revenant aux filles de Tselofhad (Celofhad), dont le droit d'hériter avait été établi plus tôt. À présent, les chefs de leur tribu soulèvent une inquiétude : si les sœurs épousent un homme d'une autre tribu, leur terre quittera pour toujours la tribu de leur père. Dieu confirme leur droit d'hériter mais décide qu'elles se marient au sein de leur propre tribu, afin qu'aucun héritage ne passe d'une tribu à une autre. Les cinq sœurs épousent leurs cousins, les terres tribales demeurent en sûreté, et le Sefer Bamidbar s'achève avec Israël campé au bord du Jourdain, prêt enfin à entrer dans la Terre.

Thèmes clés

  • Notre parole pèse vraiment ; un vœu fait devant Dieu ne se prend pas à la légère.
  • Chaque tribu partage le devoir d'aider la nation à atteindre et sécuriser son foyer.
  • Se souvenir du voyage accompli révèle la conduite de Dieu à chacune de ses étapes.
  • La valeur de la vie humaine exige justice pour le meurtre et clémence pour l'accident.
  • Un héritage dans le sacré mérite d'être gardé avec soin pour les générations à venir.

Haftara

Coutume achkenaze

La haftara, Jérémie 2:4-28; 3:4, est la deuxième des trois lectures d'affliction avant Ticha BeAv, où le prophète reproche à Israël d'avoir délaissé Dieu après qu'Il les eut menés fidèlement à travers le désert. Son rappel de ce voyage au désert résonne avec la revue des quarante-deux campements par Masei, liant la section à cette saison solennelle de mémoire.

Coutume séfarade

La haftara, Jérémie 2:4-28; 4:1-2, est la deuxième des trois lectures d'affliction avant Ticha BeAv, où le prophète reproche à Israël d'avoir délaissé Dieu après qu'Il les eut menés fidèlement à travers le désert. Son rappel de ce voyage au désert résonne avec la revue des quarante-deux campements par Masei, liant la section à cette saison solennelle de mémoire.

Livre

Nombres (במדבר)

Chapitres

Nombres 30:2-36:13

במדבר ל׳:ב׳ - ל״ו:י״ג

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